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jeudi 1er juillet 2010
Les chers plagiats de P. Pemezec
Le canard Enchaîné, 30 Juin 2010.

Philippe Pemezec se fait épingler par le Canard Enchainé du 30 Juin 2010 pour une activité peu éprouvante mais grassement rémunérée, pour le Ministère du Logement, alors dirigé par une certaine ... Christine Boutin, spécialiste maintenant reconnue du genre.

Plus étonnant, P. Pemezec ne nie pas (comment le pourrait il ?).

A l’heure des restrictions budgétaires en tous genres, P. Pemezec, lui, ne connaît pas la crise.

Pour des raisons de lisibilité, nous reproduisons ici le texte dans son intégralité ... et gratuitement.

Le texte du Canard

Les chers plagiats d’un protégé de Sarko

Patron de l’UMP des Hauts-de-Seine, Philippe Pemezec touche 5 500 euros par mois pour recopier des rapports déjà publiés sur Internet.

Pour ses amis des Hauts-de-Seine, Sarko a inventé une super assurance-chômage. Son vieux pote Philippe Pemezec peut en témoigner. Maire du Plessis-Robinson depuis 1989, ce militant dévoué a été frappé, le 29 novembre 2007, par un cruel coup du sort.

Ce jour-là, le Conseil constitutionnel a annulé son élection comme député du « 9-2 », et l’a déclaré inéligible pour avoir financé illégalement sa campagne électorale. Dans l’aventure, ce brave garçon a perdu 5 487 euros
mensuels d’indemnité parlementaire. Il ne lui reste plus, le malheureux, que ses indemnités de maire (3 852 euros par mois) et de vice-président du conseil
général des Hauts-de-Seine (2 300 euros mensuels net d’impôts).

Trois mois plus tard, le 14 février 2008, Philippe Pemezec est embauché - sur ordre de l’Elysée - par Christine Boutin, alors ministre du Logement, comme « chargé de mission sur l’accession sociale à la propriété ». Ce qui lui vaut une rémunération de 5 500 euros net.

Pourjustifier ces émoluments, Philippe Pemezec est supposé rendre, chaque mois, un rapport à son patron. « Le Canard » a pu consulter ces passionnants travaux.
En novembre 2009, par exemple, Pemezec signe une « note » sur « Les contraintes et les dangers de la loi Dalo » (la loi qui impose le relogement des
sans-abri). L’oeuvre se limite à deux pages, mais son contenu
puise à la meilleure source. Trois paragraphes dupliquent fidèlement
un vieux discours de... Christine Boutin. Et une autre partie est la copie presque conforme d’un rapport rédigé en juin 2009 par les services du ministère
intitulé « Evaluation des besoins liés au droit au logement opposable ».

Economie de papier

Le pompon est détenu par une autre « note », datée de décembre
2009 et titrée « Création d’une éco-ville ». Ce document est destiné
à expliquer au ministre la marche à suivre pour construire des cités vraiment écolos. Pemezec commence par donner l’exemple en économisant le papier
 : sa note tient en cinq pages, dont une de couverture. Pas question, non plus, de gâcher la matière grise : les deux pages suivantes sont la traduction d’une étude rédigée en octobre 2008 par un cabinet anglais et
intitulée « Beyond Eco-towns ».

Quant aux deux dernières pages, elles sont consacrées à « L’exemple réussi de la ville de Malmo » (Suède), qui s’est convertie à l’écologie. Champion du recyclage, Pemezec s’est contenté de recopier, à la virgule près, de larges extraits d’un rapport daté d’avril 2008 et mis en ligne par Energie Cités, une association européenne des collectivités locales.

Ce petit jeu très lucratif aurait pu durer longtemps. Mais, au printemps dernier, Benoist Apparu, le nouveau sous-ministre du Logement, a été alerté des risques juridiques que lui faisait courir la situation de Pemezec. Du coup, il a décidé d’abréger la mission de son collaborateur d’élite, qui s’achèvera le 30 juin 2010 au lieu du 14 février 2011. Et pour rendre le dossier Pemezec un peu plus présentable, il a demandé à l’intéressé de rédiger d’urgence une nouvelle étude. Sur l’art de fabriquer des rapports bidons ?

Hervé Litran


Philippe Pemezec reconnaît avoir pompé une partie de ses rapports sur Internet. « C’était déjà tellement bien écrit par d’autres ! J’ai voulu le faire partager », confesse-t-il ingénument. Rigoureusement sic !


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