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vendredi 23 juillet 2010
Ermitage-Panoramic, le maire confirme la "rumeur"

Lors de la réunion d’information du 12 Juillet, P. Pemezec a confirmé son intention de réalisation d’une opération immobilière sur les sites historiques dits de l’Ermitage et du Panoramic.

Devant une population locale venue en nombre, il n’a pu trouver les arguments pour défendre son projet, mais il est resté ferme et écarte toute autre possibilité d’aménagement.

PlessisPSWeb dénonce une gestion très approximative de l’argent public et un manque d’engagement en faveur de l’environnement et de la défense du patrimoine du Plessis-Robinson.

Suite à l’adoption en Conseil Municipal du projet de rachat (d’une partie) des terrains situés 24 à 32 rue de Malabry au Plessis-Robinson, par la ville au Conseil Général, nous avions alerté la population locale sur le risque d’une opération immobilière sur ce lieu classé pour partie et faisant partie du patrimoine du Plessis. Le maire avait convié les habitants du quartier à une réunion d’information visant à « répondre à vos inquiétudes légitimes, mais hélas basées sur certaines rumeurs infondées ».

Devant une assemblée importante venue écouter les explications, le maire n’a pu que confirmer nos craintes.
Le bâtiment de l'Ermitage

Faites-moi confiance

Force est de constater que le début de projet de P. Pemezec ne fait pas l’unanimité. La population était séduite par les idées développées par le Conseil Général. Extrait du rapport 03.121 :

« L’acquisition de cette propriété par le Département pourrait s’inscrire dans le cadre de la politique de préservation du patrimoine architectural et de développement des espaces naturels sensibles que conduit votre Assemblée.
Le bâti existant comprend un pavillon ... Ce pavillon provient de l’exposition universelle de 1889 et a été transféré sur ce site. Compte tenu de son caractère historique, il conviendrait de le conserver....

Il serait également envisageable d’édifier des buvettes et des structures de
restauration à destination des nombreux visiteurs du parc de la Vallée-aux-Loups, situé en proximité immédiate... La bande de terrain située en fond de parcelle permettrait de créer une liaison verte entre le parc de la Vallée-aux-Loups et le parc Henri Sellier ...
 »

Las, si la liaison a été effectuée, elle n’est pas disponible pour des raisons de sécurité et le reste du projet a été abandonné, ainsi d’ailleurs que les deux bâtiments qui, ainsi qu’il l’a été dénoncé lors de la réunion, se sont ainsi dégradés. Pourtant, il nous semble bien que P. Pemezec est présent au Conseil Général. D’aucun disent qu’il en serait vice-président. Il était donc bien placé pour suivre le projet.

Exit donc les beaux projets écologiques et culturels, remplacés par un projet immobilier et la construction d’un nouveau restaurant. A défaut d’être écologique et culturel, le projet sera « beau », surtout pour ceux qui en profiteront. Mais devant le rejet massif de ce projet, le maire ne peut que répéter, sans trop y croire d’ailleurs, « faites-moi confiance ».

Les autres solutions évoquées par certaines personnes de l’assemblée : musée de la nature, simple reboisement, logements étudiants, petites guinguettes... ont toutes été balayées d’un revers de main par le maire, propositions jugées dénuées de bon sens : « il faut être réaliste », « c’est la crise »...

Écoutons alors les arguments du maire :

  • La commune ne peut se permettre d’engager des sommes importantes à moins d’une nouvelle augmentation des impôts. P. Pemezec rappelle lui-même que la suppression de la Taxe Professionnelle, tant vantée par lui-même, va induire une perte de revenu considérable tant pour la commune que pour le Conseil Général.
  • L’aménagement envisagé par le Conseil Général coûterait très cher. Mais on ne sait pas exactement combien puisqu’il n’y aurait eu aucun chiffrage, aucun appel d’offre (malgré sa vice-présidence).
  • L’aménagement du site doit donc être une opération « blanche » d’un point de vue financier et... un projet immobilier pourrait même s’avérer rentable et permettre de dégager une plus-value conséquente.
  • Cela sera « beau » et n’enlaidira pas le paysage.

Une histoire d’argent

L’affaire est compliquée et le maire ne nous aide pas vraiment à comprendre. Il est important de faire le point avec les éléments dont nous disposons (et mettons à votre disposition).

- Les deux terrains, d’une superficie de 3500 et 4200 m², ont été acquis par le Conseil Général respectivement 1,3 M€ [1] et 2,5 M€, en 2003 et 2004 (hors frais de notaires).

- Des travaux ont été engagés pour relier le Parc Sellier à celui de la Vallée aux loups, consistant en un chemin non utilisable car jugé dangereux.

- Le coût pour les travaux de stabilisation du terrain à été estimé à 1,4 M€ [2].

- Le projet est abandonné car estimé trop cher.

Récapitulons à ce stade : Le CG a dépensé 4,5 M€ pour l’achat, en prévision d’un aménagement clairement non rentable, puis recule devant une dépense de 1,4 M€ (soit 1/3 du prix d’achat) pour la stabilisation du terrain. Comprenne qui pourra.

- 6 ans plus tard, le maire, vice-président du Conseil Général, fait acheter par la commune la moitié des terrains, correspondant à la partie bordant la rue, avec les anciens restaurants, la seule susceptible d’être rentabilisée, pour 0,5 M€. Compte tenu de l’augmentation du prix de l’immobilier, il s’agit d’une très belle opération pour la commune. Les autres habitants du département apprécieront peut-être un peu moins la perte sèche d’environ 2 M€. Bel exemple de rigueur de gestion.
- On notera cependant cette disposition :« Si la commune ou tout autre vendeur procède à la cession à un tiers de droits réels immobiliers dans un délai de 5 années à compter de la signature de l’acte de vente par le département à la commune du Plessis Robinson des "Lots A" moyennant un
prix supérieur à 500 000 € augmentés des coûts de confortement du terrain, la
commune ou tout autre vendeur s’engage à reverser au département 50% de la plus-value réalisée.
 »

- Le maire propose à ses concitoyens le réaménagement du site avec la destruction des bâtiments existants (malgré leur aspect historique) et la construction d’un restaurant respectant l’architecture actuelle et sa hauteur.

- Il n’envisage pas la dépense d’un seul euro pour l’aménagement du site et, pour ce faire, il est impératif d’envisager un programme immobilier sur la partie inférieure du terrain, sous le restaurant (nous attendons les plans pour mieux comprendre).

Une conception des dépenses publiques et de l’écologie à géométrie variable

Nous admettons que le site nécessite, ne serait-ce que pour sa sécurisation, des dépenses importantes (mettons 2 millions d’Euros) ; il s’agit d’un site historique, le dernier relatif aux fameuses guinguettes que célèbre en fanfare tout les ans notre maire, un site cher au cœur des robinsonnais mais également de bon nombre des habitants des environs, au premier rang desquels ceux de Chatenay-Malabry.

Au regard de l’intérêt et des enjeux écologiques et culturels que représente ce site magnifique, une dépense de 2 millions d’euros ne semble pas déraisonnable.

Rappelons que, dans le même contexte de rigueur, la commune lance un appel d’offres pour la construction d’un "pôle culturel" estimée en première approche à 40 millions d’euros. En recherchant d’autres partenariats (le CG a déjà donné), comme cela peut être fait pour ce pôle (CAHB   en particulier), il parait incroyable que l’on ne puisse dégager les sommes nécessaires. Notons qu’une demande à la Région est également légitime.

Notre proposition

Nous ne disposons pas actuellement de tous les éléments pour faire une véritable proposition dans l’immédiat et une position plus élaborée sera proposée ultérieurement par nos élus au maire et nos concitoyens.

Notre première réaction est celle de demander l’annulation du projet de vente et la conduite du projet ainsi qu’il avait été initialement envisagé par le CG. Cependant, le projet va bon train, il a été mené en catimini sans concertation et la signature aura probablement lieu peu après la rentrée.

Dès lors, il nous semble qu’un projet culturel tel qu’il était initialement envisagé s’intégrerait parfaitement dans une politique culturelle volontariste dont semble témoigner le projet de pôle culturel du Plessis (tout au moins son coût).

S’il s’agit d’un problème de financement, nous proposons au maire de réviser un peu à la baisse le projet de pôle culturel, au profit d’une révision de celui sur les sites de l’Ermitage et du Panoramic, ce qui permettrait de combiner culture et écologie pour une opération à budget constant et souhaitée par tous.

Mais il se pose un petit problème... L’écologie est pour M. Pemezec rien d’autre qu’une idée saugrenue (« l’écolo de service », c’est ainsi qu’il décrit le conseiller Vert, M. Gazeille) qui ne permet pas de dégager une quelconque rentabilité. Elle n’est rien d’autre qu’un discours creux et fluctuant au gré des opinions publiques. De la même manière, la sauvegarde du patrimoine ne saurait résister devant l’attrait d’une belle opération immobilière.

Alors que reste-t-il comme argument pour faire changer le maire d’avis ?

Il l’assure : le projet n’est pas figé, il n’y a aucune étude réalisée, tout cela doit être fait en étroite collaboration avec la population, comme toujours.

Pourtant, le maire semble avoir les idées bien arrêtées, et la place qui sera laissée à la discussion semble bien restreinte : la couleur des volets, peut-être ?.

Il reste un argument qui peut peser lourd dans la balance : le bulletin de vote. S’il s’organise une défense citoyenne suffisamment représentée, alors, peut-être, le maire infléchira-t-il sa position.

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Rapport du CG92 10-157
Relatif a la vente a la commune des terrains


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RAPPORT N 03.121
Relatif a la vente au CG de l’ermitage


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RAPPORT N 04.37
Vente du Panoramic au CG en 2004
notes :

[1millions d’euros

[2rapport du CG-92 No 10.157


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