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samedi 18 juin 2011
Tribune de l’opposition de juillet 2011

— Faire et refaire l’histoire

Dans le numéro de juin du Petit Robinson, la tribune de la majorité municipale refait une fois de plus l’histoire à sa façon. L’on y apprend que la banlieue serait le « ban » de la ville, un endroit en dehors des murs loin des quartiers chics. Et de là toute une rhétorique sur le rôle qu’aurait joué la gauche à partir de 1981 pour « redonner un sens à la banlieue, en la magnifiant, en créant autour d’elle une poésie urbaine ».

Si nos donneurs de leçons avaient un peu le sens de l’histoire et un peu de rigueur dans sa restitution ils auraient pu apprendre que rien de ce qu’ils écrivent n’est vrai.

Quelle est l’origine du mot banlieue ? Il faut remonter au Moyen Age (cf. par exemple l’ouvrage de Georges Duby dans la collection Hachette Pluriel) pour en comprendre les origines. Les anciens seigneurs à cette époque possédaient le plus souvent un château fort et les terres voisines. Ils avaient vis-à-vis des serfs et autres populations qui vivaient en dehors de l’enceinte, une obligation de défense qui s’appelait le « ban ». Cette obligation couvrait un territoire qui se déployait sur une « lieue ».

D’où l’étymologie du mot « banlieue » qui est devenue le territoire au-delà des limites de la ville. Nous sommes vraiment loin de la définition de nos élus de la majorité. La banlieue n’a donc jamais été un endroit de relégation mais plutôt une extension de la ville. Voilà pour une approche plus sensée et moins discriminante, qui évite trop souvent de faire de ces villes et communes des endroits de relégation sociale.

Car la ségrégation sociale, ce sont bien les divers gouvernements de droite à la fin des années 50 et jusqu’au début des années 80 qui l’ont construite à tour de bras avec les grands ensembles. Certes, la période qui a suivi la fin de la seconde guerre mondiale a fait surgir un besoin énorme de construction de logements neufs. Mais les erreurs des pouvoirs publics de l’époque sont bien de les avoir bâtis dans des endroits où les équipements publics n’existaient pas, y compris les moyens de transports.

Dès lors, dans les années 80, l’État a engagé un programme ambitieux de réhabilitation et de restructuration de ces espaces urbains. Certes, tout était loin d’être parfait. Les crises économiques n’ont malheureusement pas permis aux populations qui y vivaient de pouvoir s’en sortir. Les communes ont été pénalisées par les moyens très importants à investir et les faibles ressources dont elles disposaient. La spéculation immobilière dans les centres ville continuait par ailleurs de rejeter toujours plus loin les familles modestes.

Alors, s’il vous plaît, Mesdames et Messieurs de la majorité municipale, arrêtez de donner des leçons et de stigmatiser les territoires. Faîtes en sorte que les derniers engagements de l’État de votre majorité (programmes ANRU) soient tenus, ce qui est loin d’être le cas. La banlieue le mérite bien autant, sinon bien plus que les bénéficiaires des mesures fiscales les plus injustes que vous avez mises en place. Nous n’avons pas de leçons à recevoir en la matière !

Nous profitons par ailleurs de cette dernière tribune avant la période estivale pour vous souhaiter à toutes et à tous de très bonnes vacances.


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