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dimanche 28 avril 2013
Changer de cap
Les finances de la ville en danger

La communication du maire concernant les finances de la ville laisse pour le moins perplexe. La mouture d’avril du journal de la ville a donné l’occasion à la municipalité de marteler son message favori : tout va très bien, on garde le cap.

La même rengaine nous avait été chantée en conseil municipal (février 2013) lors du débat d’orientation budgétaire (DOB) pour 2013 : malgré un environnement difficile, le maire présenterait un budget sain avec une dette maîtrisée.

Il y a malheureusement loin de la coupe aux lèvres et la réalité est tout autre avec une explosion de l’endettement.

Un débat très orienté

La séquence a donc commencé par la présentation du débat d’orientation budgétaire de 2013 en conseil municipal de février 2013. Alors que ce débat est supposé, comme son nom l’indique, présenter le budget de la commune pour l’année à venir, presque la moitié du temps a été consacré au ... budget de l’état. Est venue ensuite une longue litanie d’autosatisfaction avec une présentation tronquée si ce n’est mensongère de l’état des finances de la ville. Le budget 2013, objet théorique de la discussion ne sera quant à lui que très succinctement abordé en fin de réunion.

Il faudra en fait attendre le conseil suivant (mars) et la présentation du budget prévisionnel 2013, pour avoir quelques éléments et mieux se rendre de compte des difficultés. En tout état de cause, le maire confirme ses priorités : les investissements pour les écoles sont une fois de plus repoussés au profit de la voirie (PPP   et autres), des acquisitions foncières et bien sûr du pôle culturel, qui démarre dans la douleur.

Le maire a parachevé son œuvre dans le Petit Robinson d’avril :

  • un article pleine page en section « vie municipale » avec une présentation trompeuse des comptes ;
  • une tribune de la majorité dont le seul objectif est (comme d’habitude) de répondre aux arguments de la tribune de l’opposition (celle-ci apparaît dans le journal sous celle du maire, et est connue de lui avant qu’il n’écrive la sienne ; privilège de la majorité !).

Belle illustration de la méthode du maire qui utilise le journal pour comme tribune politique de 28 pages (moins la demi-page accordée à l’opposition et les publicités).

« OUI, la dette a augmenté » … et continue d’augmenter

Le maire ne peut que le reconnaître, mais il fournit le minimum en matière de chiffres. La dette est donnée en termes de capacité de désendettement, notion d’analyse financière que seuls les initiés peuvent réellement appréhender et qui ne recouvre pas vraiment une réalité objective, en particulier parce qu’elle ne prend en compte qu’une partie des engagements financiers de la ville.

Les seuls chiffres donnés clairement sont ceux pour l’année 2012, mais l’augmentation elle-même n’est pas mise en avant, et pour cause : + 9,3 M€, soit + 32 %. Voilà ce que le maire appelle une augmentation maîtrisée.
Alors que l’article est supposé présenter l’orientation pour 2013, aucun chiffre n’est donné ! A la place : un bla-bla langue de bois censé rassurer la population. Rien sur l’augmentation prévue de la dette d’environ + 9 M€, une nouvelle fois encore.

Cela fait déjà plusieurs années que nous alertons la commune sur l’envolée de l’endettement qui ne semble plus du tout maîtrisée en réalité. Certes, l’endettement (1057 € fin 2011, 1343€ par habitant fin 2012, voir figure suivante comparant les villes du département à fin 2011) est encore loin de celui de Levallois-Perret, administré par le grand ami de notre maire, le trop célèbre P. Balkany (6 700 €/hab.) ou de Chatenay-Malabry (2200 €/hab.). Il est cependant déjà 2 fois supérieur à celui de Clamart (576 €/hab.) et 4 fois celui de Fontenay aux Roses (265 €/hab.).

Cet endettement de la Ville ne cesse de s’accentuer d’année en année : ainsi, lors de nos premières alertes, l’endettement du Plessis en 2010, bien qu’en forte progression, restait comparable à celui de nos voisins Clamart ou Fontenay aux Roses supposés avoir une gestion calamiteuse et dépensière.

Gagnant 3 à 4 places par an dans ce triste concours, le Plessis se rapproche maintenant dangereusement de ses supposés vertueux voisins de droite (Chatillon, Sceaux, Châtenay-Malabry). En intégrant le PPP   (voir plus loin), le Plessis atteint alors les sommets de l’endettement. Nous pouvons estimer que sur cette mandature, en intégrant tous les engagements, dont le fameux PPP-voirie, la dette sera passé de 17 millions à environ 80 millions.

Un champion des impôts

La charge réelle des diverses dettes est telle que la capacité réelle de désendettement est beaucoup plus faible qu’affichée. D’ailleurs, si l’endettement aura plus que quadruplé sur la mandature actuelle du maire, c’est bien que cette capacité est inexistante en réalité, sans avoir à réaliser des coupes franches dans le fonctionnement et des augmentations nettes des impôts. Cela, le maire attend avril 2014 pour le faire.
Rappelons que le Plessis-Robinson est déjà la 3ème ville du département (voir figure suivante) pour ce qui est de l’impôt par habitant (800 €/hab. en 2012), derrière Levallois-Perret (900 €/hab.) et Sceaux (835 €/hab.), un beau score dont le maire ne se vante pas. Là encore, nos voisins de gauche nous donnent une sacrée leçon, conjuguant faible endettement et faible impôt.

Un autofinancement fantomatique

Par ailleurs, le maire ne compte dans l’endettement que la partie « dettes officielles » contractées auprès des banques. Ceci n’intègre pas les divers engagements pour, par exemple, rembourser des acquisitions sur plusieurs années (dettes auprès de particuliers). Ainsi, en les intégrant, on constate (figure suivante) que sur les deux dernières années (également en 2008), les frais financiers (section investissement) sont supérieurs à l’autofinancement (recettes moins dépenses de fonctionnement). Cela signifie simplement que le maire présente un budget en réalité déficitaire et qu’une partie de l’emprunt sert à combler le différentiel et donc à financer le fonctionnement.

Ainsi, la capacité de désendettement, calculée en fin d’année comme étant l’autofinancement brut (recettes moins dépenses de fonctionnement) divisé par la dette, c’est à dire le nombre d’années qu’il faudrait pour rembourser la dette si rien ne changeait, augmente dramatiquement et devrait être de l’ordre de 8 ans en 2013. En tenant compte du futur PPP  , celle-ci serait donc de l’ordre de la quinzaine d’années !

« L’endettement repose pour l’essentiel sur des acquisitions foncières »

La ville compte ainsi « préparer l’avenir » en revendant à terme ces acquisitions avec un bénéfice qui permettra de « valoriser le patrimoine » (?) et se « désendetter ».

Cette assertion pose en fait plusieurs problèmes.

  • D’une part c’est faux, sauf à définir plus précisément ce que l’on attend par « l’essentiel ». En réalité, les acquisitions pour NOVEOS   ne représentent pour l’heure que 30 % de l’endettement. En remontant plus loin dans le temps, nous pouvons intégrer le fameux terrain de la CAF (11 M€) mais, selon le maire, celui-ci était destiné à recevoir le lycée et donc ne devrait pas entrer en ligne de compte. Au total, puisque nous savons bien que ce terrain a toujours été destiné aux promoteurs immobiliers, depuis 2008, les acquisitions ne représentent qu’environ 50 % de la dette.
  • La ville s’endette donc pour se désendetter dans l’avenir ! La cohérence n’est pas facile quant il s’agit de justifier l’injustifiable.
  • Plus grave sans doute : elle signifie que l’avenir du Plessis se situe principalement dans une politique de spéculation foncière (acheter, revendre), à seule fin de produire de l’habitat. En 2008, le maire insistait sur son ambition pour NOVEOS   (la ZIPEC   à l’époque) pour en faire une grande zone d’activités, source de travail et de revenu. Trois ans plus tard (ça date de 2011), revirement total : NOVEOS   doit se (re)transformer pour une bonne partie en zone d’habitation : adieu les emplois, adieu les investissements pour l’avenir, vive la spéculation foncière.
  • Le pari de transformer NOVEOS   en zone d’habitation traduit une singulière inconstance, voire inconsistance, dans la vision politique du maire. Les revirements ont lieu au gré des difficultés. La crise actuelle ne permet pas de faire entrer de l’argent par les entreprises ? On change de cap.
  • Le maire a-t-il conscience que l’immobilier, lui aussi, est en train de tourner. Les investissements très coûteux d’aujourd’hui pourront ils être rentabilisés à court terme si un retournement s’opère ? Les débâcles des derniers revirements de l’immobilier (aujourd’hui dans de nombreux pays, dans les années 90 pour la France, rappelons-nous l’affaire du Crédit Lyonnais) ne semblent pas impressionner le maire.
  • L’avenir de NOVEOS   dont parle le maire n’est pas si proche. Avant toute possibilité de transformation, il faut en premier lieu procéder à l’enfouissement de la ligne haute tension, ce qui risque de prendre beaucoup, beaucoup de temps et coûter beaucoup, beaucoup d’argent. Combien de temps devront nous attendre pour avoir les bénéfices et ainsi, selon le maire, engager enfin les investissements d’équipements nécessaires ?

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