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mercredi 10 avril 2013
Vidéo-surveillance : pour qui ? pourquoi ? comment ?
Souriez, vous êtes filmés.

Malgré nos nombreuses interrogations et réserves, la Ville a lancé un marché public afin de mettre en place un dispositif de vidéo surveillance urbaine.

Lors du conseil municipal de février annonçant cet heureux événement, le slogan était fort : "Cette politique de vidéo n’a pas lieu d’être différente de la politique générale de Philippe Pemezec sur la commune du Plessis-Robinson".

Quels enseignements tirer de cet exemple si représentatif de la politique générale du maire sortant ?

Pourquoi ?

Nous ne reviendrons pas (ou pas longtemps) sur l’utilité d’un tel dispositif pour le Plessis-Robinson. Selon la mairie (et on ne peut que la croire faute de statistiques officielles publiées), une quarantaine d’agressions auraient été constatées en 2012 : c’est toujours trop mais une caméra (le projet en prévoit une quarantaine [1]) par agression, n’est ce pas sur-dimensionné ?

D’ailleurs, dans son billet du 28 mars 2013, notre maire insistait :

Il s’agit d’un équipement qui nous permettra d’amplifier les résultats positifs que nous avons en matière de sécurité.

Nous ne reviendrons pas non plus sur le coût d’un tel dispositif : 1,5 M€ (hors études), soit à peine 3,5% du pharaonique pôle culturel (42 M€ estimé, dont 20 pour la ville) et qu’importe si il faut en 2013 décaler des opérations apparemment moins structurantes comme la rénovation des écoles….

Pas un mot (ou presque) non plus sur les coûts de fonctionnement induits par une telle surveillance : les 4 agents actuellement en cours de recrutement afin d’assurer une permanence 24h/24 et 7j/7 dans les locaux de la Police Municipale sont finalement autant de chômeurs de moins et on ne peut que saluer l’objectif municipal de vouloir s’associer au redressement souhaité par le gouvernement. Ce beau résultat sera sans doute amélioré puisqu’il faudra « flouter » ou masquer (car c’est obligatoire) toutes les images orientées sur les fenêtres, cours de jardins, terrasses, cours d’écoles … Qu’importe alors la dérive du budget de fonctionnement ?

Non, non… le cœur du sujet est ici de faire comme si ce projet était efficace et utile et de nous intéresser à la logique de sa mise en œuvre, fruit d’une longue réflexion apparemment puisque le maire écrivait en décembre 2009 dans la lettre « Vidéosurveillance Infos » : « … Dans le cadre de l’étude de projet réalisée, 40 caméras ont pu ainsi être identifiées avec une installation qui serait échelonnée jusqu’en 2013… » . Il indiquait dans le même article que le fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) avait financé en 2008 une étude préalable de 30 000 € (suivie depuis par plusieurs autres). Il s’agit donc d’un projet réfléchi, muri et proche des besoins des gens qui nous est proposé.

Nous nous sommes procuré l’appel d’offre, fruit de tant de réflexions et de concertation (plus de 10 000 personnes contactées d’après la mairie). On note tout d’abord que l’appel d’offre fait état de 31 caméras quand le point n°11 du Conseil Municipal de février 2013 précise que cet appel d’offre concerne 39 caméras [2].

Avant d’en analyser la teneur, un retour sur les intentions du projet s’impose… Lors du conseil municipal du 27 février, l’adjoint au maire en charge de la sécurité nous rappelait la logique :

« On a défini les règles d’installation de ces caméras, elles sont installées là où il y a des commerçants, donc dans le centre ville, partout où il y a des commerçants il y aura des caméras ; de plus, Monsieur le maire tient beaucoup à ce qu’elles soient installées devant les établissements scolaires pour surveiller les établissements scolaires. Elles vont être installées aux grandes entrées de la ville parce que c’est un maillage, des fois, même si vous ne surprenez pas l’individu sur le fait parce que là où il a commis l’infraction il n’y a pas de caméra, on n’a pas mis de caméras partout, comme il y aura un maillage, la personne va passer à un moment donné devant une caméra et on va la reconnaître. »

« il ne s’agit en aucun cas de favoriser tel ou tel quartier »

Seulement voilà : le « Plan général de la Ville » fourni avec l’appel d’offre (voir carte ci-dessous construite avec les données à notre disposition) nous éclaire sur la vision de la Ville de notre maire : seul le tiers du Plessis, c’est à dire les quartiers les plus récents, sera manifestement concerné par cette vidéo protection.


« Partout où il y a des commerçants »

Devons nous comprendre que, là où il n’y a pas de caméra : soit il n’y a pas de commerçant, soit - il faut être visionnaire lorsqu’on brigue un cinquième mandat - il n’y en aura plus ? C’est effectivement le sens de la politique menée depuis 25 ans : concentrer les commerces dans les nouveaux quartiers au détriment des commerces de proximité qui existaient dans les autres …

  • Un zoom sur l’avenue du général de Gaulle entre la place de la Résistance et l’avenue de la Libération permet d’avoir des premiers éléments de réponses : aucune caméra entre ces deux points !
  • Par contre, la "rivière" de la Cité dite "Jardin" est sans doute un nœud de criminalité puisqu’on compte (voir ci-dessous) 5 voire 6 caméras qui la longent, loin de toute l’agitation de la rue commerçante.

« installées aux grandes entrées de la ville »

Sans revenir sur la vision municipale si « particulière » du territoire du Plessis, les délinquants sont donc priés de passer par la D2 pour entrer dans la ville. Même si, ignorant cette vidéo-protection si efficace, les délinquants décidaient d’œuvrer dans la zone protégée, il ne sera pas question pour eux de passer par la cité jardin (l’historique), de remonter l’avenue du général Leclerc vers Sceaux ou Bourg-la-Reine, de reprendre l’avenue Paul Langevin direction Châtenay, ou sortir par Fontenay aux Roses … Sans doute une recherche de notoriété les fera-t-ils privilégier un passage devant une caméra ?

« Monsieur le maire tient beaucoup à ce qu’elles soient installées devant les établissements scolaires »

Et heureusement !

  • Évidemment, les établissements scolaires en « zone protégée » (les 2 collèges, les écoles Joliot-Curie, Raymond Aumond, Louis Hachette, la ferme) auront le droit à une caméra (certains même à deux),
  • Pour les enfants des groupes François Peatrik, Jean Jaurès ou Louis Pergaud, il faudra rester dans le cadre d’une sécurité à l’ancienne faite de prévention, de surveillance ou tout simplement de présence d’adultes (leurs parents, leurs enseignants, le personnel des centres de loisirs…) … mais pas de vidéo protection pour eux ... ou pas tout de suite.
  • Quant au lycée, sujet de tant de polémique, force est de constater que le lycée Montesquieu est hors périmètre.

« Les premières caméras prévues au Cœur de Ville (environ une quinzaine) devraient être installées pour le mois d’août prochain. »

Passons sur le fait que le plan, même en étendant le périmètre du cœur de ville, n’y prévoit pas plus de 7 ou 8 caméras !

Le point le plus important reste que les travaux seront (devraient être) réalisés avant la fin de l’année. Nous invitons chacun d’entre vous à vérifier où et comment seront installés ces caméras puisqu’il est interdit de filmer vos fenêtres, vos entrées, vos jardins

Des procédés de masquage irréversible de ces zones doivent même être mis en œuvre. N’hésitez pas à demander, lorsque le système sera actif, à voir les images enregistrées (vous en avez le droit et c’est un devoir que de vous les montrer) pour vérifier que ces masques sont réels et, si vous avez des enfants en zone protégée pour vérifier que la cour de récréation, le préau, les salles de classe, ne sont pas filmés pendant les heures d’ouverture de l’établissement. De même, les personnes filmées doivent être informées, au moyen de panneaux affichés de façon visible… charge à chacun d’entre nous de veiller à la présence de ces panneaux.

Laissons le mot de la fin à la majorité municipale (CM du 27/02/13) :

« Cette politique de vidéo n’a pas lieu d’être différente de la politique générale de Philippe Pemezec sur la commune du Plessis-Robinson. »

Nous n’aurions pas dit mieux : sans (pré)vision urbaine (au point qu’il faille aujourd’hui ôter et remettre les pavés de la nouvelle cité-jardin à peine inaugurée pour effectuer le câblage), génératrice d’injustice territoriale, d’un coût disproportionné aux services attendus, avec le même souci de communication flamboyante teintée de fausse démocratie participative, avec une mise en œuvre qui ne permet même pas d’aboutir aux objectifs initiaux… non, nous n’aurions pas su dire mieux !

notes :

[1dans le même Conseil Municipal du 27 février 2013, il est fait état de 39 caméras (présentation sur un accord de coordination avec la police) et de 41 caméras (discussion sur le Débat d’Orientation Budgétaire 2013), mais l’appel d’offre indique 31 caméras !

[2sur les documents fournis avec l’appel d’offre, 6 autres caméras sont indiquées, dans le même périmètre que les autres


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