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jeudi 28 novembre 2013
Rythmes scolaires : premiers bilans positifs
et un maire qui traîne les pieds

Vous ne serez sans doute pas surpris : P. Pemezec nous annonce sa forte opposition à la réforme des rythmes scolaires, demande son report et s’engage vers une application "a minima". Dans le même temps, les premiers bilans de la réforme arrivent et indiquent que, dans une très grande majorité, la mise en œuvre de la réforme se fait sans aucune difficulté. Dès lors, il est légitime de se demander comment certains ont pu appliquer la réforme sans difficulté dans un temps minimum et comment d’autres, à la tête de communes considérées comme riches, ne peuvent trouver de solution. L’enjeu est pourtant de taille : améliorer les capacités d’apprentissage de nos jeunes et leur permettre de s’épanouir par des activités diverses. Mais c’est sans doute le cadet des soucis de l’actuel maire.

Historique

Il est particulièrement étonnant qu’une telle réforme puisse induire un tel clivage droite / gauche. D’où vient donc l’opposition si forte au changement des maires "de droite" (pas tous, heureusement) ?

Celle-ci ne peut venir que d’une démarche purement politicienne visant à faire échouer systématiquement toute initiative du gouvernement. Rappelons qu’en 2007, N. Sarkozy avait décidé de supprimer les cours du samedi matin et de concentrer les apprentissages sur quatre journées. La réforme ne s’appuyait sur aucune analyse des capacités d’apprentissage mais sur le simple objectif de réduire les coûts d’éducation, au même titre que la réduction des effectifs.

En 2010, Eric Chatel, alors ministre de l’éducation, avait pourtant engagé une concertation en vue de revenir sur cette réforme et proposé des rythmes scolaires plus adaptés. Il pouvait s’appuyer sur un consensus général des spécialistes (les fameux "chronobiologistes"). Hélas, les propositions faites alors sont restées lettre morte ; il est vrai qu’un nouveau changement aurait été incompréhensible pour l’électorat sarkozyste.

Vincent Peillon n’a donc rien fait d’autre que reprendre le dossier et mettre en œuvre la réforme que tous les professionnels appellent de leur vœux (voir par exemple cette page du site de la FCPE). Il existe maintenant un consensus général pour dire que l’extrême concentration du temps d’enseignement induit par la réforme de Sarkozy, unique à la France, est inadaptée et préjudiciable aux apprentissages (Les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des pays de l’OCDE : 144 jours contre 187 en moyenne). Le gouvernement n’entend pas sacrifier l’éducation des enfants, et donc notre avenir, pour faire quelques menues économies.

La réforme comporte en fait deux volets :

  • une répartition du temps scolaire mieux adaptée ; on revient finalement peu ou prou à la situation avant le changement imposé par N. Sarkozy [1] ; le gouvernement demande cependant d’utiliser le mercredi matin au lieu du samedi matin, comme c’était souvent le cas avant 2008 ;
  • des activités pédagogiques complémentaires aux heures d’enseignement organisées en groupes restreints afin d’aider les écoliers rencontrant des difficultés ou d’autres activités périscolaires à mettre en place par les mairies.

C’est en fait sur le second volet des activités complémentaires que se cristallisent les difficultés. Logique : c’est celui qui donne le plus de travail aux maires.

Premiers bilans

Les nombreuses critiques véhiculées par les médias ne permettent bien sûr pas de faire un véritable bilan. D’ailleurs, l’objectif de ce capharnaüm n’est sans doute pas de faire un bilan objectif.

Le gouvernement a dévoilé récemment un premier bilan réalisé à partir d’une enquête sur 81% des communes ayant adopté les nouveaux rythmes. On y apprend que la réforme a été mise en place sans difficulté pour 93 % des communes.

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Bilan de la réforme scolaire

Le gouvernement évoquait également un coût moyen de l’ordre de 150 € par enfant par an.

Un second bilan vient d’être réalisé par l’Association des Maires de France (AMF), que l’on peut difficilement taxer de complaisante. Elle conforte l’analyse et conclut qu’à une très large majorité, avec un taux de satisfaction de 83 % des communes.

Infographie réalisée par Le Monde

Objectivement, après 3 mois de mise en place, on aurait pu s’attendre à plus de difficultés. L’enquête de l’AMF donne également le coût par enfant : dans 55 % des cas, le coût est inférieur à 150 €, ce qui confirme les chiffres du gouvernement.

La mise en place aurait sans doute pu être meilleure, des ajustements sont sans doute nécessaires, il n’empêche que cette réforme très ambitieuse est loin d’être l’échec systématiquement décrié dans la plupart des médias. Une fois de plus, le monde de l’information ne sort pas grandi de cette affaire.

Qu’est-ce qui peut donc bien pousser P. Pemezec à refuser cette nouvelle réforme ?

C’est via son blog que celui-ci a choisi d’exprimer sa position. Force est de constater que les arguments développés sont douteux, voire fallacieux.

Le maire commence justement son article par prendre pour argent comptant la pseudo-enquête du Point titrant "voyage en absurdie". Espérons qu’il reprendra son article en citant l’analyse de l’AMF. Il en vient ensuite à citer la concertation qu’il dit mener avec les parents. En mai 2013, cette concertation faisait l’objet de quelques lignes dans le journal municipal pour justifier la non application de la réforme à la rentrée 2013 du fait qu’une famille sur 2 y était opposée ! Il aurait sans doute pu faire le choix contraire puisque la moitié des familles y étaient a priori favorables. S’agissant d’une enquête par téléphone par les services de la mairie, on peut de toute façon douter très fortement du caractère scientifique et objectif de l’enquête.

C’est surtout sur le thème du coût que P. Pemezec s’enlise :
"entre 480 000 euros soit 2,3 points d’impôts environ (estimation basse) et 1 120 000 euros soit 5,33 points d’impôts environ", en considérant un coût minimum de 150 € par enfants et jusqu’à 350 €. P. Pemezec explore ainsi toute la plage haute des prix et n’a donc visiblement encore aucune idée des activités qu’il compte proposer.

En confondant, sciemment sans doute, "points" et pourcentages, le maire prépare sans doute les Robinsonnais à une augmentation de 2 à 5 points de taxe foncière et d’habitation (qui sont de l’ordre de 20 points chacune) . En réalité, l’augmentation ne serait que de 2 %, soit l’équivalent de 0,4 point de taxe.

P. Pemezec "oublie" alors les engagements très coûteux qu’il a pris récemment. Ce sont bien le Pôle culturel et le PPP   qui seront financés par une augmentation des taxes, en plus d’une envolée de la dette.

Face aux "difficultés", il se résigne alors à "offrir la solution la moins mauvaise possible" ! Il ne donne cependant aucun élément sur les activités périscolaires qu’il compte engager et ne fait que proposer de nouveaux horaires.

En réalité, cette réforme est très largement à la portée du Plessis-Robinson qui dispose à la fois des ressources financières (sans augmentation des taxes) et des infra-structures nécessaires. En mars 2014, les Robinsonnais auront donc le choix entre le conservatisme avec un candidat qui traîne les pieds dès qu’il s’agit d’éducation, et le progrès avec Jean-François Papot, pour qui la réussite des plus jeunes au Plessis-Robinson est une priorité absolue.

notes :

[1Le décret relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires du 24 janvier 2013 fixe de nouveaux principes : l’étalement des 24 heures d’enseignement hebdomadaire sur neuf demi-journées, incluant le mercredi matin ; une journée de classe de maximum 5 heures 30 maximum et une demi-journée de 3 heures 30 maximum ; une pause méridienne de 1 heure 30 au minimum.


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