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lundi 13 mai 2019
Fuite en avant et exclusion des classes moyennes : la politique urbaine de la majorité est au service du budget !
Tribune de l’opposition de mai 2019

Débattre du budget communal, c’est, en théorie, définir les moyens envisagés au service d’une vision et donc de la construction de la cité. Au Plessis-Robinson, et le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) du 21 mars en était une preuve, la majorité renverse la question : comment construire la ville pour qu’elle rapporte et qu’elle permette de poursuivre la fuite en avant initiée depuis de nombreuses années ?

Pourquoi ? Pieds et mains liés par le poids de la dette, la majorité doit, chaque année, dégager un excédent de plus de 8 M€ pour rassurer les banquiers et ainsi financer la dette liée aux investissements mais aussi les nombreux crédit-revolving qui lissent les creux de trésorerie liés en particulier aux achats de terrains.

Pour garantir cet excédent (capacité d’auto-financement), la majorité a augmenté les taux d’imposition, supprimé les abattements, augmenté les tarifications de services... A un an des élections, elle tente de se racheter avec une baisse symbolique de la taxe foncière plus que largement compensée par l’augmentation des bases décidées par l’Etat.

Malgré sa communication, la majorité sait que la dette plombe son bilan. La preuve, elle vient de décider en avril de payer un spécialiste pour tenter de régler ce que nous dénonçons depuis 5 ans !

En effet, alors que l’an dernier, au même DOB, la majorité promettait de faire baisser de 15 à 20 M€ la dette communale (aujourd’hui plus de 73 M€ en intégrant les « autres dettes »), la réalité est plus cruelle : si la commune a remboursé plus de 6,2 M€ (soit un coût de 8 M€ avec les intérêts), le stock de dettes n’a pas baissé en 2018 ! A ce rythme là, il faudra des années pour que la dette retrouve un niveau acceptable et ce d’autant plus que les investissements nécessaires (comme la réhabilitation de l’école François Peatrik) restent à financer et que le pôle culturel, livré en 2016, n’est toujours pas totalement soldé !

La majorité mise sur l’immobilier à l’image d’un joueur en quête d’une martingale. Cette méthode n’est pas nouvelle, la majorité a commencé par vendre le patrimoine public (le stade Anatole France pour faire le « Cœur de ville », les terrains de sports au profit du racing, ...) mais que faire lorsque le patrimoine historique a déjà été cédé ? Vendre ses rues, comme c’est le cas actuellement dans le quartier Ledoux, est efficace mais il faut quand même en conserver quelques-unes... La réponse est simple : profiter de sa position dominante pour acquérir des terrains à vils prix, modifier les règles d’urbanisme pour que le prix des terrains acquis augmente et le tour est joué !

Mais quel tour ? Bétonner la ville sans se soucier des conséquences sur la qualité de vie ? Faire détruire des bâtiments réhabilités il y a moins de quinze ans pour reconstruire un nombre double de logements ? Vendre deux fois plus cher que ne l’estime France Domaine les terrains à son aménageur (la SEMPRO) qui vendra plus cher à son tour à des promoteurs et doper ainsi le prix du foncier de manière artificielle ?

Avec quels résultats ? Avec un prix moyen dans le neuf de près de 6 000€ au m2, la ville devient inaccessible aux « classes moyennes ». Le logement social, conçu pour loger les moins favorisés est quasi exclusivement fléché par la majorité vers la catégorie dite PLS (Prêt Locatif Social) pour loger les familles dont les revenus sont trop élevés pour pouvoir accéder aux locations HLM ordinaires, mais trop bas pour pouvoir se loger dans le secteur privé. La double conséquence, en souhaitant que cela n’en soit pas la cause, est évidente : il devient quasi-impossible de louer pour les plus pauvres et quasi impossible d’acheter pour les moins riches ! Même ceux qui ont les moyens d’acheter un logement ou qui sont installés depuis longtemps le savent : leurs enfants ne pourront pas s’installer au Plessis-Robinson ou n’y resteront qu’un temps, en location.

Bien sur, des familles s’installent au Plessis–Robinson, bien souvent en location mais combien doivent partir au premier ou au second enfant... que cela soit faute de moyens ou faute d’équipements publics adaptés au flux des nouveaux habitants ?

Face à nos critiques, la majorité se gausse et nous reproche de nous préoccuper des futurs habitants et ils ont, en partie raison ! Être élu n’est pas, à notre sens, ne se préoccuper que des habitants présents, fussent-ils électeurs, mais du bien-être commun.

Orienter aujourd’hui les décisions urbaines vers la spéculation immobilière expose la commune à des risques financiers mais établit surtout une ségrégation par l’argent. Qu’est-ce qu’une ville qui ne pense trouver son salut budgétaire qu’en abusant de son statut de législateur local sans se soucier d’exclure les moins aisés, puis les classes moyennes, puis ses enfants ? Qu’est-ce qu’une ville qui bâtit toujours plus de logements sans adapter les équipements ? Qu’est-ce qu’une majorité municipale qui fait « des coups immobiliers » sans prévoir la hausse des coûts de fonctionnement liés ?

Fondamentalement, le budget devrait être au service d’une vision politique. Au Plessis-Robinson, c’est bien le devenir de la ville que la majorité met au service du budget et en particulier de la dette. Nous ne pouvons souscrire à cette logique !

Vos élu-e-s de l’opposition
JF PAPOT, B MAUBRAS,
C LEROY, C FAGUETTE

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